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Jean Motte
Le 31 décembre 2018
Une chanson douce que me chantait ma maman

Une chanson douce que me chantait ma maman

Ah la mère, la maman porteuse de notre vie, que de relations tumultueuses et complexes. C’est le moins que l’on puisse dire car la mère, c’est l’amour mais aussi la haine. Les prises de bec sont innombrables avec un penchant plus agressif entre la mère et sa fille que la mère avec son fils.

La mère, c’est d’abord la mer au sens d’une genèse biblique. La mer c’est l’eau primordiale dont tout est issu. Le liquide amniotique est une réplique ou relique de cette mer noire et immense, sans fond mais protégeant de nouvelles créations et créatures.

La mère c’est aussi « l’âme erre », celle qui nous conduit à l’errance (air rance) en tant qu’homme, car nous allons être abandonnés afin d’apprendre la solitude ontologique de l’espèce mâle, et à la mutation d’une femme en mère, par obligation de protection et de survie de l’espèce humaine.

La mère c’est aussi « l’amère », celle qui nous a tout donné mais dont le reflet sur notre visage, marque et burine des traits que nous n’aurions jamais voulus avoir. La phrase type « ce que tu ressembles à ta mère » laisse toujours un goût amer.

Comment une mère porteuse de tant d’amour peut aussi recéler en son sein ces ténébreux stigmates?

Il y a plusieurs explications possibles mais je vous propose d’en explorer deux qui me semblent bien prometteuses.

La première est la théorie de l’EVE mitochondriale. La mitochondrie est le moteur de la cellule. Dans chaque cellule il faut un moteur afin de la faire fonctionner pour qu’elle se nourrisse, élimine, produise et se duplique. Ce moteur c’est la mitochondrie qui produit l’ATP (adénosine triphosphate). Cela n’est pas très important et comme dirait des amis très proches dans un langage vernaculaire plutôt vendéen: « vérole » on y comprend rien!

Ce qui est important à retenir c’est que cette mitochondrie a son propre matériel génétique transmis par la mère uniquement. Von savez qu’un enfant est composé de l’ADN du père et de la mère. Et bien la mitochondrie pas du tout. Seulement celle de la mère! Oh le mytho… Si, si c’est vrai. La maman transmet à sa fille qui transmet à sa fille qui transmet…. Et quand elle transmet à son garçon, celui-ci s’accouplera un jour mais ne léguera absolument pas le matériel de la mitochondrie. Ainsi, l’ADN mitochondrial remonte à la première femme d’où le titre de EVE mitochondriale. Ce qui signifie, si vous m’avez bien suivi, que les femmes sont unies par ce matériel cellulaire. Toutes les femmes du monde entier ont ce matériel avec quelques modifications liées à la perte de certaines informations lors de la duplication.

Et alors me direz-vous? Mais il faut entendre ici que les femmes se transmettent des informations liées à la survie de l’espèce. Il faut donc engendrer mais aussi être endurante, dure, gardienne du feu, douce mais aussi guerrière, bref, la survie en mode « pas de seconde chance ». Le latin mulier, qui vient de l’indo-européen moel qui signifie battre, moudre, mou, faible sont autant d’indicateurs de ce que la femme va devoir subir au cours de sa vie. Il est alors normal que celle-ci transmette à sa fille des messages inconscients de danger, de dureté, d’amertume de la vie afin qu’elle soit la mieux armée possible. Mais cela reste très profondément dans les entrailles inconscientes du cerveau et nous n’en voyons que la surface d’où la psychologie qui est née avec Freud et ses rapports compliqués avec le sexe « faible ».

Quant à l’homme, il « sait » au fond de lui qu’il est comme un électron libre. Pas ou peu d’attaches si ce n’est celle que j’explique après. Cette liberté est aussi angoissante et il faudra qu’il la dompte car sinon il la transformera en colère. La violence est toujours la fille de la peur.

Le deuxième point est ce que l’on nomme aujourd’hui le MICROCHIMERISME. Ouah, placer ce mot au cours d’une soirée et vous devenez le centre de la tablée ou alors vous vous retrouvez seul…

Il s’agit de cellules du bébé qui ont passé la barrière placentaire et qui restent dans les tissus de la mère comme les poumons, les reins, les intestins. C’est-à-dire qu’une mère est toujours connectée avec son enfant avec environ dix milles cellules qui sont en constante relation. Le temps et l’espace n’existent pas. La cellule de votre corps est en contact permanent avec la cellule qui a « infectée » votre mère. La relation que vous avez avec votre enfant peut être agréable ou alors désagréable. En effet si vous entretenez un dialogue conflictuel, les cellules seront alors inflammatoires et cela explique certaines maladies de la femme surtout auto-immunes. Je ne dis pas que vous êtes responsable des maladies de votre mère mais bien que vos dix-mille cellules peuvent largement lui agrémenter la vie.

Si vous êtes dans un dialogue agréable, les cellules seront calmes et sans agressivité. Pas d’inflammation, donc pas de maladie ou de mal-être. La femme est encore ici, celle qui doit s’accommoder de quelque chose qu’elle n’a jamais demandée. Là aussi, cela peut rendre amère.

Et pour nous en convaincre un peu plus, observez la peinture de Titien intitulée, la chute de l’homme. C’est encore elle et toujours elle! Quand cessera cette chasse à la sorcière? La femme est un univers qu’il nous faut découvrir à chaque instant. Mais il ne s’agit pas de tout saccager sur son passage comme l’ont fait les espagnols sur les indiens du Mexique. Il nous faut arrêter cette peur viscérale que les hommes ont en eux afin que leur action ne soit plus dictée par la barbarie mais par la sagesse.

Alors, que nous soyons femmes ou hommes, nous comprenons que notre devoir d’humain c’est de rendre de la tendresse à celle qui a tant subi les affres de l’évolution de l’espèce. Nous pouvons la guérir en lui donnant de l’amour, en ne la jugeant pas et se faisant, c’est à nous-mêmes que nous faisons du bien.

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